A la découverte des théâtres d’Afrique et d’Haïti
RFI met à l’honneur des autrices et auteurs d’Afrique et d’Haïti au Festival d’Avignon dans le cadre de la 14ème édition du cycle de lectures Ça va, ça va le monde ! Un projet qui permet chaque année la découverte, en France et dans le monde, de nouvelles écritures et voix de la scène théâtrale contemporaine. Cette édition met à l’honneur les théâtres d’Afrique et d’Haïti, dont les mises en voix révèlent des écritures traversées par les réalités contemporaines et les fractures de leur histoire : guerre, héritage colonial, corruption, rapports de pouvoir ou traditions patriarcales. Ces lectures publiques sont à voir et à entendre dans la cour du Musée Calvet tous les matins à 11h, du 14 au 19 juillet. Diffusées en vidéo sur Facebook en direct, ces lectures seront également diffusées sur les ondes de RFI tous les samedis du 25 juillet au 29 août à 17h.
Programme des lectures
Du 14 au 19 juillet 2025 à 11h
Dans la cour du Musée Calvet, 65 Rue Joseph Vernet 84000 Avignon
Entrée libre
Direction : Jean-Paul Delore, Yacine Benyacoub et Armel Roussel

Clipping
Israël Nzila (RDC)
14 juillet
Clipping, c’est l’histoire de Do, une femme qui perd son bébé un jour de marché, dans une ville du sud-est de la RDC. Les recherches restent vaines, la panique enfle, puis le doute s’installe : est-elle vraiment la mère ? Pourquoi l’enfant qu’elle désigne ne la reconnaît-il pas ? Peu à peu, tout se dérègle en elle, comme un son qui arrive à saturation. Cette pièce à plusieurs voix peut aussi être jouée par un seul personnage prévient l’auteur qui parle d’un théâtre mental.
Avec le soutien de l’Institut français de Kinshasa
Texte lauréat du Prix RFI Théâtre 2025
La décennie noire
Yacine Benyacoub (France/Algérie)
15 juillet
Alger, 2005. Le gouvernement algérien commande à un metteur en scène une œuvre faisant l’apologie de la « Charte pour la Paix et la Réconciliation », censée mettre fin à la guerre civile en amnistiant les islamistes armés qui renonçaient à la violence. Le metteur en scène et sa troupe refusent de se soumettre à cette propagande et décident de mettre en scène leur vie sur le plateau, exposant leurs vérités sur les années 90, période marquée par la terreur, l’obscurantisme et la dictature. La pièce, publiée aux Éditions Passage, est une mise en abîme qui joue sur les rapports entre Lyes, le metteur en scène, sa propre vie et celle qu’il met en scène, entre le passé et le présent, le théâtre et la réalité.
Les dieux tambourinent
Jeannine Dissirama Bessoga (Togo)
16 juillet
Pressée par sa communauté TikTok de montrer Kantanbolo, la source d’eau sacrée et idyllique de son enfance dont elle a tant parlé, Bamifa revient au village après une longue absence. Elle découvre que Kantanbolo et les poissons silures sacrés qui la peuplaient n’existent plus. Cela bouleverse ses convictions et son identité. En quête de vérité et guidée par sa grand-mère, elle tente de comprendre la cause du tarissement de la source et de trouver les moyens de la rétablir.
Avec le soutien de l’Institut français du Togo
Dof ! Perdre l’esprit
Mamadou Sellou Diallo (Sénégal)
17 juillet
Deux jeunes gens sont enfermés dans un centre de repos pour qu’ils « reprennent leurs esprits ». Mais ce que Il et Elle disent de la folie est loin de ce que nous nous imaginons. Nous risquons même de sortir de cette visite, aussi déçus que le serait un spectateur de théâtre qui paye pour voir un singe qui danse et qui tombe de façon inopinée sur un homme qui se suicide.
Avec le soutien de l’Institut français du Sénégal et de la Villa Saint-Louis Ndar
Reste
Claudia Muyengabe (Burundi)
18 juillet
Deux sœurs jumelles, liées par un secret, se retrouvent au cœur d’une crise environnementale et politique. L’une, emprisonnée pour avoir défié le pouvoir en dessinant l’Étoile interdite, lutte pour sa liberté tandis que l’autre, au sein du gouvernement, use de son influence pour la libérer. Tous leurs échanges lors des visites en prison s’articulent autour de la responsabilité individuelle et collective. Pour l’autrice « Reste » est une pièce de résistance où la sororité devient acte de rébellion.
Avec le soutien de l’Institut français du Burundi
Quel dernier grand conflit pour assouvir la haine entre les humains
Guy Régis Junior (Haïti)
19 juillet
Commencé depuis 2008, ce chantier théâtral s’intéresse au matériau du conflit humain ainsi qu’aux pulsions de haine et de destruction qui nous habitent. Un terrain d’analyse vaste où se recoupent autant les grandes guerres abjectes que les discriminations sociales, sexuelles et raciales du quotidien. Avec une question : existe-t-il moyen de s’en affranchir ? Avec ce texte fleuve, l’idée est d’inviter plus que jamais à faire du théâtre une Agora, un lieu d’échange, de dissensus mais d’écoute.
Les lectures des 13 premières éditions de Ça va, ça va le monde! sont à (ré)écouter en podcast sur rfi.fr.
Le cycle «Ça va, ça va le monde !» est conçu et coordonné par Pascal Paradou avec la collaboration et complicité des metteurs en scène Armel Roussel, Jean-Paul Delore et Yacine Benyacoub. Une coproduction RFI, Compagnie [e]utopia, avec le soutien de l’Institut français, de la SACD pour son action radiophonique, de Wallonie-Bruxelles International et avec l’École du Nord – École supérieure d’art dramatique, direction David Bobée.
A suivre tout au long du festival sur RFI
Les magazines de RFI en direct du Festival d’Avignon :
- Sur le pont des arts – Du lundi 6 au jeudi 9 juillet à 17h10
Le magazine culturel quotidien de RFI présenté par Nathalie Amar couvre toute l’actualité du festival avec les artistes du « In » et le meilleur du « Off ». Avec notamment Tiago Rodrigues, Rébecca Chaillon, Gwenaël Morin …
- De vive(s) voix – Du 13 au 23 juillet à 15h30 (du lundi au jeudi)
L’émission consacrée à la langue française et aux cultures orales présentée par Pascal Paradou propose 8 émissions consacrées à l’actualité du festival et avec les auteurs du cycle de lecture de RFI « Ça va, ça va le monde ! ».
Les envoyés spéciaux des rédactions en langues étrangères (brésilien, chinois, espagnol, persan, portugais, roumain, russe et vietnamien) et de la rédaction numérique couvrent également le festival et proposent des reportages, interviews et contenus dédiés.